Industrie pharmaceutique : engouement “exceptionnel” en matière d’investissements (UNOP)

6 février 2015

ALGER – L’industrie pharmaceutique nationale a connu, ces dernières années, un engouement “exceptionnel” en matière d’investissements, avec pas moins de 151 unités de production en phase de construction, en plus des 80 déjà opérationnelles, a indiqué le président de l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (UNOP), Abdelouahed Kerrar.

“Notre filière a connu ces dernières années un engouement exceptionnel en matière d’investissements, puisque ce ne sont pas moins de 151 unités de production nouvelles qui sont actuellement en phase de construction, en plus des 80 déjà opérationnelles”, a affirmé M. Kerrar dans un entretiens à l’APS.

Il a relevé, toutefois, le fait que les autorités compétentes “n’aient pas pris la mesure des efforts d’organisation qui leur incombent pour canaliser, orienter et encadrer efficacement tous ces investissements anciens et nouveaux et pour leur permettre de prospérer et de servir au mieux l’économie du pays”.

Le président de l’UNOP a cité, à ce propos, comme exemple, le système d’enregistrement, “qui, a-t-il dit, ploie déjà sous la charge, aujourd’hui même, risque à coup sûr de constituer un goulot d’étranglement au cours des prochaines années, si des mesures radicales de remise en ordre ne sont pas prises”.

“Il en va de même du contrôle de la qualité, du système des prix et de tous les autres aspects touchant à l’encadrement d’une filière en pleine croissance”, a-t-il ajouté, rappelant que “le détail des dysfonctionnements et des propositions pour les corriger a été maintes fois communiqué par l’UNOP”.

Pour M. Kerrar, le cadre réglementaire “qui peine déjà à suivre et à répondre aux besoins des producteurs déjà en place, a besoin (aussi) d’une mise à niveau sérieuse et conséquente, pour être à la hauteur des attentes des nouveaux arrivants”.

Il a mis l’accent, à cet égard, sur deux aspects “majeurs”, précisant que le premier est lié à la “contrainte que représente la rareté actuelle sur  le marché des personnels techniques destinés à la production pharmaceutique.

Il a estimé que le “bon fonctionnement de toutes les unités nouvelles commande une planification sérieuse des besoins massifs en formation de techniciens hautement spécialisés”, estimant que “cela suppose une adaptation profonde de notre appareil d’éducation-formation en liaison directe avec la profession”.

La seconde contrainte majeure est, quant à elle, liée à “l’écoulement des produits appelés à être mis à l’avenir sur le marché”, signalant que “malgré de fortes perspectives de croissance”, le marché national “va se révéler de plus en plus étroit face au surplus de capacités installées”.

Il a jugé, à ce propos, qu'”un effort sans précédent devra être consenti en vue de trouver de nouveaux marchés et cela commande la définition urgente d’une stratégie nationale impliquant aussi bien les opérateurs nationaux que les services compétents de l’Etat algérien”.

“Une action en direction des marchés africains, à titre d’exemple, nous semble particulièrement souhaitable”, a-t-il indiqué, exprimant de la “disposition” de l’UNOP à s’engager dans toute initiative en ce sens.

Il a, par ailleurs, appelé les administrations à se “moderniser rapidement” et à “anticiper” la nouvelle donne qui s’annonce, afin d’éviter tout désordre ou préjudice pour “un grand nombre d’investisseurs courageux qui ont pris le risque de se lancer sur un marché difficile”, a-t-il dit.

— La politique nationale du secteur à contribué à la baisse des prix des médicaments–

Le développement de la production nationale a “largement” favorisé l’extension du marché du générique en Algérie, et ce en conformité avec les orientations des pouvoirs publics, a-t-il noté.

“Cette politique a, en conséquence, largement contribué à faire baisser, d’une manière globale, les prix du médicament dans notre pays”, a-t-il relevé. Pour le président de l’UNOP, “cela n’est pas toujours perceptible par les citoyens, en particulier tous ceux dont le pouvoir d’achat reste encore très faible”. “Mais, en comparaison avec tous les pays voisins, a-t-il fait remarquer, les prix de nos produits sont parmi les plus bas”.

Il a souligné, en outre, que le remboursement sur la base du tarif de  référence mis au point par le ministère en charge des caisses nationales de sécurité sociale, “n’aurait pas été possible sans la démarche concurrentielle impulsée grâce à une offre conséquente de produits compétitifs fabriqués localement”.

“Nous sommes fiers, à l’UNOP, d’avoir contribué à implanter ce système dans notre pays” a-t-il dit, ajoutant que “maintenant, en tant qu’entrepreneurs, nous restons particulièrement mobilisés sur les volets liés à la qualité et aux bonnes pratiques de fabrication de nos produits“.

Il a expliqué que ce volet qualité “revêt une dimension majeure qui se décline à travers des efforts de formation continue des personnels et à travers l’observance des standards internationaux les plus exigeants”.

Pour M. Kerrar, le secteur pharmaceutique est un secteur “extrêmement complexe” qui fait appel à des efforts “continus en termes d’innovation, de recherche et de développement de produits de plus en plus efficaces”.

“C’est un marché qui reste dominé en amont par de grandes multinationales des pays développés et de quelques grands pays émergents”, a-t-il fait savoir.

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