Satisfaction de 70% des besoins nationaux en médicaments Les producteurs sceptiques

6 février 2015

L’objectif fixé par le ministère de la Santé de produire d’ici la fin de l’année en cours 70% de la consommation nationale semble difficile à atteindre, affirment à L’Éconews des producteurs nationaux, rencontrés à l’occasion de la 9ème édition du Salon international de la pharmacie et de la parapharmacie (SIPHAL) qui se tient actuellement au palais des expositions des Pins maritimes (Alger).

 

La production des médicaments en Algérie est confrontée à plusieurs entraves liées à des dysfonctionnements qui engendrent parfois des pénuries. Les différents problèmes que rencontrent les producteurs sont liés à des contraintes bureaucratiques, désorganisation du réseau de distribution.

Le directeur des ventes du groupe KPMA, spécialisé dans la production pharmaceutique, Salim Fadla pointe de doigt « la mauvaise gestion et la faillite de la tutelle dans le redressement du secteur ».  Selon lui, rien que pour obtenir l’enregistrement d’un produit au niveau du ministère de la santé, il faut attendre entre une à deux années. Une attente, explique-t-il, qui peut compromettre la compétitivité du produit, compte tenu de la rude concurrence qui existe sur ce marché.

Les producteurs sont également confrontés à des obstacles pour l’importation de la matière première. Selon M. Fadla l’importation des composants nécessaires à la production des médicaments et des produits pharmaceutiques « est soumise à un contrôle très strict au niveau des Douanes, et de surcroit les procédures de dédouanement nous font prendre beaucoup de temps ».

Les mêmes dysfonctionnements ont été également signalés par la représentante commerciale des laboratoires «Pharmamagreb». Il a largement évoqué la lourdeur des procédures bureaucratiques et les retards qui en découlent qui, selon lui, peuvent fortement compromettre la réalisation de 70% des besoins nationaux en médicaments d’ici à la fin de l’année en cours. Pis encore, devant les dysfonctionnements et les entraves que connaît le secteur, notre interlocuteur est allé jusqu’à douter des statistiques officielles de la production locale du générique.

Par contre, le chef de produit des laboratoires «4A Santé», s’est montré très optimiste quant au développement des capacités nationales. « Nous avons le potentiel et les moyens de couvrir 70% des besoins en médicaments », s’est-il enorgueilli.

Il est a signalé que malgré le nombre important de laboratoires présents en Algérie, la valeur des importations des produits pharmaceutiques est estimée à plus de 2,27 milliards de dollars durant les onze mois de 2014, contre 1,98 milliard de dollars durant la même période de 2013, soit une hausse de 14,66%.

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